INTRODUCTION

 

Depuis le début de l’humanité, l’homme communique avec son semblable pour divers motifs. Par le biais de la communication, il s’extériorise tout en se socialisant. Au fil du temps, la communication s’est formalisée pour devenir une science sociale ou une science tout court qui obéit à un certain nombre de règles ; de principes, de stratégies et/ou de pratiques flexibles, muables et adaptables en fonction des réalités du moment et des objectifs à atteindre.

Plusieurs définitions peuvent être données en fonction des        différentes écoles de   pensées. Parmi celles-ci l’on note que la communication est         le fait d’établir une    relation avec autrui, de transmettre quelque chose à quelqu’un. C’est aussi l’ensemble des moyens et techniques permettant la diffusion d’un message auprès d’une audience plus ou moins vaste et hétérogène. La communication peut-être encore perçue comme l’action pour quelqu’un ou une entreprise d’informer sur son activité et de la promouvoir auprès du public tout en entretenant son image afin de la positiver davantage.

Pour notre part, tout au long de cette année scolaire, nous allons nous évertuer à nous familiariser avec cette science aux multiples tentacules au nombre desquelles figurent la cible et l’image, la communication interne et externe, la communication de crise et la communication financière, la publicité et l’événementiel ainsi que les médiats.

 

Leçon 1 : LA CIBLE ET L’IMAGE

 

                     I-        LA CIBLE

 

Kotler et Dubois (MM p 5798) nous apprennent que «          ​le choix de la cible de      communication exerce une profonde influence sur ce sur ce qu’il faut dire, comment le dire, ou et quand le dire, et à qui il faut le dire              ​ », car nous avons en     esprit que la communication a pour objectif de faire passer un message.

 

1- Définitions

 

La cible de communication peut-être définie comme :

  • l’ensemble des personnes visées par une action de communication
  • l’ensemble des individus ou des organisations vers lesquelles on a choisi de communiquer
  • les individus ou entreprises que l’on cherche à toucher par un programme  de communication.

 

2- Le cœur de cible

 

Afin de mieux concentrer l’effort de communication, on distingue au sein de la cible générale un sous ensemble appelé cœur de cible à qui il est accordé un traitement préférentiel, spécial, en raison de son importance.

Le cœur de cible peut-être perçu comme un sous ensemble d’une cible réunissant les prospects (clients potentiels) et les autres clients les plus importants.

C’est aussi un sous ensemble de la cible de communication que           l’on considère  comme étant prioritaire (gros clients, jeunes consommateurs avec un fort potentiel, clients les plus profitables, etc.)

3- La cible secondaire

 

Après le cœur de cible, le second sous ensemble qui a un intérêt relativement important par rapport au cœur de cible est appelé cible secondaire que l’on espère toucher à travers la communication principalement adressée au cœur de cible.

 

                     II-      L’IMAGE

 

1- Définitions

 

L’image, selon Jacques Lendrevie et Arnaud De Baynost dans Publicitor (p 90) est «  ​l’ensemble des représentations mentales et des associations       attachées par  un individu à un produit, une marque ou une entreprise.​ »

Marie-Hélène Westphalen, pour sa part, soutient que l’image d’une entreprise, d’une marque ou d’un produit est la somme de toutes ses images. «             ​Chaque image correspond à une cible homogène et à une réalité fonctionnelle de l’entreprise. Les différentes images interagissent les unes sur les autres.​ »

L’image peut être aussi appréhendée comme l’ensemble des perceptions qu’un individu entretient à l’égard de quelque chose.

 

2- Rôle de l’image

 

Une mage :

  • Donne des raisons d’acheter ou de ne pas acheter
  • Peut valoriser les individus qui achètent ou possèdent une marque
  • Créer des attitudes favorables ou défavorables
  • Favorise le repérage des marques, des entreprises et la fidélisation – Différentie et positionne par rapport aux marques concurrentes

 

3- Caractéristiques d’une image

 

a- L’image est individuelle

Il y a autant d’images que d’individus, raison pour laquelle, en communication, on travaille sur une moyenne ou une somme d’images issue de la            représentation que s’est faite la majorité ou l’ensemble des membres d’un groupe étudié. En effet, chaque individu ayant sa vision, il s’avère donc difficile voire improbable qu’une population apprécie de la même manière une image.

 

b- C’est une représentation mentale

C’est la façon dont on se représente, à un moment donné, une marque ou un produit dans soi-même son esprit.

 

c- Une image est sélective et infidèle

L’image oriente les perceptions ultérieures : on pardonne       volontiers à une   marque que l’on aime et on met en avant les traits les plus négatifs des marques que l’on n’aime pas. L’infidélité de l’image s’explique par         le fait qu’elle est    susceptible de changement (positive comme négative), généralement sur une certaine période.

 

d- C’est un ensemble de perceptions relativement stables

L’image est relativement stable dans le temps. La stabilité         de l’image ne signifie    pourtant pas son invulnérabilité. En effet, au fil des années, des changements peuvent survenir au niveau des perceptions de l’image.

 

 

 

4- Les différents types d’image

 

a- L’image réelle

C’est l’image objective. Ce qui est.

 

b- L’image perçue, acquise ou subjective

C’est la manière dont une entreprise, un produit, une marque, un individu est perçu. C’est aussi une volonté stratégique de faire évoluer l’image selon l’orientation souhaitée dans l’esprit de la cible en la différentiant de la concurrence.

 

c- L’image crue

C’est l’image que l’on croit avoir auprès de ses clients, fournisseurs, partenaires, employés…

 

d- L’image désirée

C’est la manière dont on aimerait être perçue.

 

e- L’image spontanée ou émergée

C’est l’image qui vient immédiatement à l’esprit. Celle dont on pense de prime abord, sans (grande) réflexion.

 

f- L’image latente

C’est l’image fouillée. Celle qui vient après plusieurs réflexions.

 

 

Leçon 2 : LA COMMUNICATION INTERNE

 

INTRODUCTION

 

La communication interne peut se définir comme l’ensemble des actions de communication destinées aux salariés d’une entreprise ou d’une organisation. Elle est donc dirigée vers le personnel de l’entreprise ou de           l’organisation. Autrement dit, la communication interne englobe l’ensemble       des actes de   communication qui se produisent à l’intérieur d’une entreprise, sa cible étant le personnel de l’entreprise. Avec de nombreux outils et remplissant de multiples fonctions, la communication interne se conçoit aujourd’hui comme un instrument de construction d’une solidarité et d’une implication des salariés par rapport à leur employeur. Son véritable enjeu est celui de l’adhésion des collaborateurs à l’entreprise et à ses valeurs. La communication interne doit désormais susciter l’attachement des salariés à l’entreprise. Un collaborateur est promu ou quitte la société, la direction change de leader, l’entreprise publie ses résultats, lance un produit, rachète un sous-traitant, subit un revers, décide de déménager… L’information doit circuler. Cet impératif s’inscrit dans la stricte logique économique selon l’enchainement communication-motivation-productivité. On ne peut demander à des hommes de participer à une œuvre collective en aveugle. Ils ont besoin d’être écoutés. Une bonne communication a un effet positif sur le climat interne, sur l’opinion que les salariés ont de la firme et donc sur l’image globale de l’entreprise. L’image d’une entreprise dépend de l’image qu’en diffusent les hommes qui y vivent. Un personnel motivé à l’interne fait une entreprise aimée à l’externe car il se conduit en ambassadeur fidèle, crédible et positif.

 

                     I-                       LES CHEMINS DE LA COMMUNICATION INTERNE

 

Communiquer, au sein d’une entreprise, peut prendre trois (3) chemins : la communication partant du supérieur hiérarchique au subalterne, la communication partant du subalterne au supérieur hiérarchique et la communication se faisant entre employés de même statut ou de même niveau.

 

1- La communication descendante ou hiérarchique

 

C’est l’information la plus communément mise en œuvre et la plus naturellement pratiquée. Les messages partent d’un certain niveau hiérarchique et sont destinés aux échelons inférieurs, donc du haut vers le bas au niveau de l’organigramme d’une entreprise. Outil classique de management, la communication hiérarchique est utilisée pour former, informer et diriger le personnel.

 

2- La communication ascendante ou salariale

 

Elle prend le chemin inverse, c’est-à-dire du plus bas vers le plus haut, de la base vers la hiérarchie. Tardivement reconnue, difficilement maitrisée, la communication ascendante est encore redoutée par des chefs        d’entreprise qui la   voit quelques fois d’un mauvais œil. Elle se révèle pourtant fondamentale car elle permet de connaitre des aspects de son personnel et de désamorcer d’éventuels conflits ou tensions en entreprise. Facteur de        bon climat social, elle    est aussi un moyen d’améliorer les performances de l’entreprise par la prise en compte des suggestions des subalternes.

 

3- La communication horizontale ou latérale

 

Ici, il n’y a aucune hiérarchie. C’est un échange d’égal à égal, entre différents acteurs d’un même niveau hiérarchique, services ou départements d’une entreprise.

L’information horizontale permet de rassembler son personnel, de fonder ‘‘l’esprit d’entreprise’’ ; et, indirectement, de mieux coordonner le processus de production.

 

 

 

                     II-                 LES FONCTIONS DE LA COMMUNICATION INTERNE

 

La communication interne a pour but d’écouter, d’informer et de composer.

 

1- Ecouter

 

Il s’agit de prêter attention à la remontée des informations                                                               vers la hiérarchie et la       traiter ou la prendre en compte.

 

2- Informer

 

Cela concerne la descente de l’information et aussi la bonne                                                                                 communication transversale.

 

3- Composer

 

La communication interne doit surmonter plusieurs difficultés en faisant composer la hiérarchie avec les subalternes. Composer doit        permettre d’éviter  les décalages entre ce que le salarié dit et pense et le discours de l’entreprise. Cela permet aussi de parler d’une même voix aux différents publics interne.

 

                     III-                       LES OUTILS DE LA COMMUNICATION INTERNE

 

Plusieurs outils concourent à permettre une bonne communication en entreprise ou au sein d’une entreprise. Parmi ceux-ci figurent la note de service, le tableau d’affichage, la boite à idées, le compte rendu de réunion et le film d’information.

 

1- La note de service

 

Elle fixe les règles de fonctionnement interne, trace les directives, informe sur les modifications juridiques, commerciales ou techniques. Elle permet aussi à un responsable hiérarchique de diffuser une information ponctuelle concernant l’entreprise et/ou ses travailleurs.

 

2- Le tableau d’affichage

 

Il convient aux informations ponctuelles et simples sur l’aspect professionnel ou extra professionnel.

 

3- La boite à idées

 

C’est une urne dans laquelle, de façon anonyme ou pas, les salariés font des suggestions à la direction concernant tout ce qui touche à la           vie de l’entreprise.   Elle est aussi appelée boîte à suggestions.

 

4- Le compte rendu de réunion

 

C’est un procès verbal du comité d’entreprise ou de la réunion des délégués du personnel ou un compte rendu d’une réunion de travail. Son objectif est la diffusion d’éléments d’information aux participants à la réunion et à d’autres personnes que l’on souhaite informer.

 

 

 

 

5- Le film d’information

 

Il est aussi appelé film institutionnel. C’est un court-métrage présentant les activités de l’entreprise, une partie d’entre elles ou un problème précis. Le film donne une vision à la fois concrète et synthétique de l’entreprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon 3 : LA COMMUNICATION EXTERNE OU LESRELATIONS PUBLIQUES

 

En fonction de la cible, la communication peut-être interne         ou externe. Si le    public visé est un membre de l’entreprise, il s’agit d’une communication interne ; mais si le public visé fait partie de l’environnement de l’organisation (fournisseurs, clients, pouvoirs publics, actionnaires,     collectivités locales…) il   s’agit d’une communication externe. Cette communication regroupe l’ensemble des formes et processus de communication d’une organisation envers le monde extérieur à cette organisation. Elle a pour objectif de créer la rencontre entre l’entreprise et ses partenaires en jouant un rôle fondamental pour l’image et la notoriété de l’entreprise.

 

                     I- DEFINITIONS ET GENERALITES

 

1- Définitions

 

De façon très large, les relations publiques peuvent être appréhendées comme un ensemble de techniques de communication destinées à développer une relation de confiance, d’estime et d’adhésion entre une entreprise,        une marque, un   produit et de multiples publics : consommateurs, distributeurs, leaders d’opinion, pouvoirs publics, en somme l’opinion publique qui intéresse l’entreprise, la marque, le produit ou qui s’intéresse à l’entreprise, à la marque, au produit.

 

2- Les types de relations publiques

 

Nous distinguons deux grands types de relations publiques :        les relations  publiques corporate et/ou institutionnelles et les relations publiques marketing.

a- Les relations publiques corporate et /ou institutionnelles

Elles ont pour objet d’asseoir la légitimité de l’entreprise, de défendre ses intérêts et de créer à son égard un état d’esprit favorable de            l’opinion publique  ou d’un public particulier.

 

b- Les relations publiques marketing

Elles promeuvent une marque, un produit tout en démultipliant (facilitant) les efforts publicitaires.

 

3- Les outils de la communication externe ou des relations publiques

 

Il serait prétentieux de vouloir dresser une liste exhaustive de ses outils qui visent à installer une légitimité, à prévenir des critiques, à préserver des intérêts…

Au nombre de ceux-ci, nous avons :

  • Les réunions, les réceptions et les conférences
  • Le lobbying
  • La communication événementielle
  • Le parrainage (sponsoring et mécénat)
  • Les congrès, colloques et séminaires de formation
  • Les salons, foires et expositions
  • Les cadeaux d’entreprise
  • Les publipostages, le mailing et phoning
  • Les relations presse ou les relations avec la presse.

 

                     II-               LE PARRAINAGE OU LE SPONSORING

 

Le parrainage consiste, pour une entreprise, à apporter publiquement son soutien et à associer ainsi son nom à une manifestation, un projet, une cause ou même des personnes qui lui sont extérieurs et qui n’ont généralement pas de rapports directs avec ses propres activités.

Le parrainage comporte une variante qui est le mécénat.

 

1- Objectifs

 

Le parrainage a un objectif commercial, de vente. Le parrain          doit être beaucoup   visible. Le mécénat a un objectif institutionnel, d’image,        de valeurs. Le mécène    doit être assez discret.

 

2- Différents types de parrainage

 

Il existe plusieurs sortes de parrainage mais seulement quatre pour ce cours vont retenir notre attention : le sponsoring sportif, le parrainage d’un service public, le mécénat artistique et culturel et le soutien à une cause.

 

a- Le sponsoring sportif

Il peut prendre plusieurs formes dont :

  • Le parrainage d’épreuves ou de manifestations sportives
  • Le parrainage d’équipes ou de champions

 

 

 

b- Le parrainage d’un ‘‘service public’’

Une autre forme de sponsoring consiste, pour une entreprise ou une marque, à financer la fourniture ou la mise à la disposition du public de certains services qui lui seront utiles.

 

c- Le mécénat artistique et culturel

Le parrainage des activités, manifestations artistiques et culturelles est appelé ‘‘mécénat d’entreprise’’. Il peut avoir un caractère permanent ou ponctuel.

 

d- Le soutien à une cause humanitaire, morale, scientifique ouéducative

Ce dernier type de parrainage semble se développer ses dernières années avec la prise de conscience, par les entreprises, de leurs responsabilités sociales.

 

e- Les conditions d’efficacité du parrainage

Pour être efficace, une opération de parrainage doit satisfaire certaines conditions. Ce sont : le choix judicieux de l’événement à parrainer, la visibilité du parrain, la durée et la continuité de l’action ainsi que les relais de communication.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon 4 : LA COMMUNICATION DE CRISE

 

La communication n’est jamais une fin en soi. Quand tout va bien, elle accompagne les performances de l’entreprise. Quand surviennent des troubles, elle devient un système de défense. La crise fait partie du quotidien, et non pas de l’exceptionnel. Incendie, grève, licenciement, déménagement, rumeurs malveillantes, mésententes et incompréhensions, coups bas, espionnage industriel… aucune entreprise n’est à l’abri de ce genre d’incidents. Autant donc s’y préparer.

 

                     I-   LA COMMUNICATION COMME SYSTEME DE DEFENSE

 

1- La crise suscite un appel à l’information

 

Contrairement à ce qui est rependu ou ce qui se fait, c’est surtout en pleine crise qu’il faut communiquer.

 

a- La dynamique de crise

Une crise secoue et déstabilise une entreprise. Elle vit un stress général et ses cadres, même de simples employés, font souvent des déclarations non coordonnées et non préparées qui s’assimilent à une cacophonie, entrainant, bien des fois, des contradictions graves et inadmissibles. La confiance vole quelques fois en éclat dans l’entreprise. L’extérieur n’y comprend rien et s’interroge. La crise affecte gravement l’image de l’entreprise.

 

b- Les risques du silence

En pleine crise, toute entreprise montre de prime abord sa vulnérabilité. Un sentiment d’impuissance pousse alors certains dirigeants       à préférer se réfugier   derrière un silence pour éviter d’envenimer la situation. Cette esquive d’aborder le sujet publiquement et/ou de manière transparente peut-être alors mal interprétée et entrainer l’effet contraire : frustrer tous ceux qui s’y intéressent ou que cela intéresse. Le silence rend suspect ou laisse place à           toutes sortes  d’interprétations.

 

c- La logique d’information

 

Maîtriser l’information, surtout en période de crise, est importante.

  • A l’interne ​ : En pleine crise, il faut expliquer plus et mieux afin de réduire les tensions et répondre aux questions et aux aspirations du personnel. Cela maintient la cohésion du personnel. Les outils à utiliser sont ceux de la communication interne.
  • A l’externe ​: L’on peut renverser une opinion publique grâce à une         communication efficace. Il est nécessaire de parler, de se parler en pleine tourmente. Le discours doit beaucoup plus être axé sur le mode de traitement du problème que le problème lui-même. Cela a pour avantage de montrer la dynamique dans le règlement du problème en calmant des ardeurs et en donnant de l’espoir le tant de satisfaire les espérances.

 

2- Comment bâtir un scénario de crise

 

Il ne faut communiquer avec le public extérieur que s’il le demande car ce public peut ne pas être informé de la crise en interne. Cependant, il            est impérieux de   communiquer en interne et ne le faire à l’extérieur que si le problème est sorti des frontières de l’entreprise.

 

a- Anticiper : un plan de guerre coordonné

Toute entreprise devrait se doter d’un plan de communication d’urgence. La communication en temps de crise ne tolère ^pas l’improvisation : le contexte est grave, l’enjeu aigu. C’est pourquoi, l’entreprise doit prévoir à l’avance différentes ripostes pour différents types de crise ; il ne         lui restera qu’à les    appliquer au moment critique.

 

b- Une riposte rapide

Les premières 24h d’une crise sont capitales. Dès le début, l’entreprise a intérêt à maitriser le processus de communication, plutôt qu’essayer de le rattraper en cours de route. La crédibilité d’une entreprise dépend certes du capital confiance, de l’image qu’elle s’est constituée ; mais aussi, et surtout, de sa capacité à maitriser le chaos en période de crise. Il est donc            impérieux de  répondre au plus vite à la moindre turbulence.

 

c- Une communication de qualité

En période de crise, l’information ne supporte pas la médiocrité. Il ne suffit pas d’affirmer mais plutôt d’expliquer, de fournir des détails, de justifier. Rassurer est particulièrement important quand arrive un grave accident ou quand des rumeurs se propagent par exemple. Il serait idéal que l’information soit traitée en temps réel.

 

d- La cohérence de la communication

Ici, il faut assurer la cohérence et la compactibilité entre          les messages diffusés à    l’extérieur et à l’intérieur de l’entreprise.

 

e- Les trois types standards de communication en période de crise

Une entreprise a généralement le choix entre trois (3) politiques en matière de communication de crise.

 

  • La communication minimale  : il s’agit de parler le moins possible. Cette​         politique est simple. Elle peut s’avérer cependant frustrante et inefficace face à un journalisme d’investigation. Elle s’applique lors d’une crise banale, mineure, qui semble passagère ou lorsque les médias         sont absorbés par un autre événement.

 

  • La discrétion maîtrisée ​:  il s’agit de mettre à disposition les informations       selon un dosage. L’entreprise choisit alors ce qu’elle dit,          à qui elle le dit,    par quel canal elle le dit… Par ce fait, l’entreprise reste maitre des informations en tenant en haleine la presse. Cette politique impose d’avoir un bon stratège, une excellente coordination interne et une         discrétion absolue car un raté est catastrophique. Il faut donc user de cette pratique avec précaution.

 

  • La transparence​ : il s’agit de s’ouvrir totalement concernant les informations capitales à donner sans discréditer l’entreprise. L’entreprise est sincère en faisant preuve de bonne volonté, en jouant cartes sur table bien que cela soit difficile. C’est la meilleure solution sur une longue crise. L’entreprise, pour y arriver, doit être sûre d’elle,         confiante, optimiste…

 

II-      LA GESTION DE LA COMMUNICATION EN PERIODE DE CRISE

 

N’attendez pas le dernier moment pour répartir les rôles : quelles sont les instances de réflexion, de décision, de représentation ? Qui parle ? Avec quel mandat ?

 

1- Des responsabilités internes bien définies

 

a- Le rôle de la direction

C’est à la direction de répondre aux incertitudes des employés et aux demandes d’informations de l’extérieur ; car la crise met en jeu l’image, voire la survie de l’entreprise. Les responsables de l’entreprise doivent donc obligatoirement s’impliquer dans la résolution d’une crise.

 

b- L’implication des cadres

Les cadres doivent être également impliqués, par la direction, dans la résolution de la crise car ce sont eux qui sont beaucoup plus en contact avec les employés. Ils sont leur hiérarchie immédiate, intermédiaire. Outre les cadres, la direction doit être aussi en symbiose avec les représentants syndicaux et/ou les délégués du personnel.

 

c- La constitution d’une cellule de crise

Pour mieux traiter et/ou gérer l’information en temps réelle, une cellule de crise doit être mise sur pied par des personnages clés d’une entreprise : DG, DRH, Dircom, DC, ingénieurs, autres cadres… Ce comité est chargé d’évaluer en continu la situation et de disposer de pouvoirs de décision et de moyens de communication préalablement établis.

 

d- La nomination d’un porte-parole

Le choix d’un porte parole est délicat. Le plus logique serait de confier l’ensemble du processus de crise au même responsable : gestion de la crise plus communication interne et externe.

 

2- Le recours à des compétences externes

Une entreprise peut choisir d confier la prise en charge de sa communication de crise par un cabinet ou une agence conseil en communication,          publicité ou  marketing.

 

a- Une assistance souple et coûteuse

L’entreprise peut demander à son cabinet ou son agence conseil de bâtir un scénario de crise à titre préventif, ce qui est rare, ou pendant que survient une crise, ce qui malheureusement est courant. Dans ce dernier cas, le cabinet ou l’agence fournit à l’entreprise une assistance heure par heure, ce qui est onéreux.

 

b- Une solution controversée

Certains spécialistes de haut niveau sont contre la prise en          main (totale) de la    gestion d’une crise par un cabinet ou une agence. Au mieux, selon eux, le cabinet ou l’agence peut être associé comme un avis extérieur et aussi sollicité pour son carnet d’adresse si cela est nécessaire. En effet, pour eux, non seulement cela revient très chèr mais le cabinet ou l’agence          ne connait pas toutes    les réalités de la firme et les journalistes aiment avoir un contact direct avec les responsables, cadres et employés de l’entreprise, donc sans intermédiaire. D’autres spécialistes de haut niveau n’y trouve pas d’inconvénients s’il s’agit d’une grande entreprise, d’une catastrophe importante ou dans l’élaboration d’une stratégie globale.

 

CONCLUSION

 

La crise est un facteur de déstabilisation. Elle ébranle l’entreprise, met en péril son image et suscite un besoin d’informations. Il faut plus que jamais communiquer.

La communication en période de crise s’appuie sur un scénario préalablement défini et des responsabilités clairement reparties.

Le traitement et la transmission d l’information doivent se faire en temps réel. Il n’y a pas de recette miracle ; chaque crise étant un cas particulier, et générant une situation unique et complexe. La communication n’est pas le cœur de l’action. Elle n’est qu’une technique, parmi tant d’autres, pour lutter contre la crise. Enfin, il ne faut pas négliger la communication post-crise. C’est d’elle dont dépendra l’image future de l’entreprise et sa capacité          à gérer, demain, un   nouveau problème.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Leçon 5 : LA COMMUNICATION FINANCIERE

 

La communication financière s’adresse ou se fait à l’intention d’entreprises cotées en bourse. Une action est un produit. A ce titre, elle a besoin de communication.

 

I- FONDEMENTS DE LA COMMUNICATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE

 

Le marché financier est un marché d’anticipation ou les images jouent un rôle déterminant. Une action est un produit qui porte le même nom que l’entreprise. Son image financière ne peut se distinguer de         son image  institutionnelle. Une image financière forte est le meilleur rempart contre les fluctuations irrationnelles ou disproportionnées des cours. A partir d’informations strictement financières (chiffres, résultats, rapports…) mais aussi d’informations économiques générales (stratégies de l’entreprise, performances, perspectives, qualité du management…), la communication financière contribue à renforcer l’image institutionnelle.

 

1- Stratégie de communication financière

 

Née d’une obligation légale (la publication par toute société cotée en bourse), la communication financière était jusqu’à une période récente une activité confidentielle. Peu à peu, la démarche des entreprises a changé pour ne pas que contenter seulement un public averti mais aussi informer un public plus large, plus composite.

 

a- Le public de la communication financière

Le public visé par la communication financière est aujourd’hui plus large et plus hétéroclite.

Des cibles variées :   ​le public de la communication financière s’est       considérablement élargi. Il comprend, entre autres, des analystes, des investisseurs institutionnels, des journalistes de la presse économique et financière, des petits porteurs, des clients, des fournisseurs, des pouvoirs publics, des élus locaux, des étudiants, des prescripteurs directs…

  • Les investisseurs institutionnels : ils génèrent une part importante de l’activité boursière. Ils incitent, régulent et animent le marché boursier.
  • Les prescripteurs directs (banques, agents de change, analystes) : ils interviennent directement sur le marché par les conseils à leurs clients ou la gestion de leurs portefeuilles.
  • Les journalistes : ils disposent d’un pouvoir d’influence considérable. Leurs analyses ont un impact direct sur les décisions du grand public.
  • Le petits porteurs : ils gèrent de petits portefeuilles boursiers et sont sensibles aux avis financiers donnés par les banquiers, les analystes et/ou  les journalistes.

 

Des logiques différentes :   ​les publics cités plus hauts peuvent être       repartis en deux groupes.

  • Le premier groupe est constitué de professionnel : les initiateurs (investisseurs institutionnels), les prescripteurs directs (banques et agents de change) et les prescripteurs indirects (journalistes).
  • Le deuxième groupe est constitué du grand public représenté par de nombreux petits porteurs.

Chaque groupe obéit à sa propre logique. Les professionnels         s’appuient sur  l’image économique de l’entreprise (management, produit,      marché). Le  grand public s’appuie sur l’image globale de l’entreprise.

 

b- Bâtir un programme de communication financière

Quatre éléments concourent à bâtir un bon programme de communication financière : construire, panacher, personnaliser et élargir.

  • Construire : L’entreprise ne doit pas raisonner en termes d’obligation mais  de stratégie de communication tout en diffusant des informations complètes, exactes, globales avec des perspectives.
  • Panacher : Les professionnels de la finance et le grand public n’ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes compétences. Les premiers auront des informations techniques et les seconds des messages simplifiés.
  • Personnaliser : Le chef d’entreprise se fait voir en première ligne dans la construction d’une image financière et institutionnelle. Il doit se montrer   accessible, médiatique et diffuser sa bonne aura de sorte que sa personnalité positive puisse s’associer à son entreprise.
  • Elargir : Il faut pouvoir et savoir élargir son horizon, son champ d’actions comme par exemple s’ouvrir à la presse étrangère, traduire ses différents rapports et bilans d’activités dans les langues commerciales et étrangères rependues ou voisine de sa sphère géographique.

 

2- Techniques de communication financière

 

La palette des outils de communication financière s’est élargie. Certes, les entreprises recourent toujours aux techniques classiques : publication d’avis, rencontres avec les milieux spécialisés, édition de plaquettes ; mais aussi elles investissent de nouveaux secteurs : publicité, audiovisuel, télématique…

 

a- Les actions traditionnelles

Parmi ceux-ci figurent : la publication des avis, les relations avec la presse, les relations publiques et le rapport annuel d’activités.

  • La publication d’avis : Il s’agit de publier un communiqué exact, clair et   complet accompagné parfois d’un message institutionnel.
  • Les relations avec la presse : Communiqué de presse, interview, article de fond, participation à un débat ou à une émission… rien ne doit         être négligé.
  • Les relations publiques : Nouer des contacts directs avec les personnes susceptibles de s’intéressées ou s’intéressant à la vie de l’entreprise est toujours utile.
  • Le rapport annuel d’activités : Il est aujourd’hui considéré comme un outil de communication et de séduction. A ce titre, il doit donc être pris très au sérieux et réalisé avec soin et amour.

 

b- Les actions modernes

Nous retiendrons, parmi tant d’autres, la publicité financière, les assemblées générales et autres réunions, la lettre aux actionnaires et les procédés interactifs.

  • La publicité financière : Son message doit être institutionnel, positif, avec un ton direct.
  • Les assemblées générales et les réunions : Quelles soient ordinaires ou extraordinaires, une assemblée générale doit être un excellent moment de partage. Il en est de même pour les différents types de réunion.
  • La lettre aux actionnaires : Elle permet d’informer régulièrement les actionnaires sur la vie de l’entreprise.
  • Les procédés interactifs : Les numéros verts, les bureaux d’accueils, les  sites web, le mailing… sont d’excellents moyens de garder le contact et d’échanger avec son public.

 

II- PRATIQUES DE COMMUNICATION ECONOMIQUE ET       FINANCIERE

 

La communication financière doit s’inscrire dans la durée,        donc sur le long    terme. Dans cette communication, deux moments capitaux vont        retenir notre  attention : l’introduction en bourse et la gestion d’un krach boursier.

 

1- Préparer son entrée en bourse

 

L’objectif d’une entreprise qui s’introduit en bourse est clair : créer, maîtriser, gérer son image, afin de susciter l’achat de ses titres.

Lors d’une première cotation, la qualité de l’information est déterminante. En effet, meilleure sera la campagne de communication, meilleur sera l’accueil des actionnaires.

 

a- Déterminer le profil du titre

Trois éléments y concourent : une image, une place et une différence.

  • Une image : L’entreprise doit établir les critères sur lesquelles elle veut être jugée. Ces critères vont engager sa personnalité en tant que firme, son image institutionnelle, ses promesses faites aux investisseurs et aux prescripteurs en termes boursiers et financiers.
  • Une place : Quelle sera la nature de la valeur ? Serait-ce une valeur croissante ? Une valeur de rendement ? Une valeur de sécurité ? Une valeur à risques… ?
  • Une différence : Pourquoi prendre notre titre plutôt qu’un autre titre du   même secteur d’activité ?

 

b- Orchestrer l’introduction en bourse

  • Lister des cibles : L’entreprise liste des acteurs financiers qu’elle désire toucher (analystes, gestionnaires, journalistes, banquiers, agents de change, investisseurs institutionnels, grand public…). Elle détermine les moyens de rentrer en contact avec chacun d’entre eux, directement ou non.
  • Asseoir une notoriété. Pour ce faire, l’entreprise peut avoir recours à trois techniques : une campagne publicitaire dans la presse, une campagne de  relations presse et une réunion d’informations.

 

c- Assurer la carrière du titre

Une fois le titre (entreprise) introduit en bourse, il faut accompagner la valeur de l’entreprise. Il faut donc surveiller l’évolution du titre, de l’actionnariat et communiquer par divers moyens de sorte à informer périodiquement tous ceux qui ont un intérêt ou qui s’intéressent à l’entreprise.

 

2- Réagir face à un krach boursier

 

Lors d’un krach boursier, les cours des titres s’effondrent. Que faire ?

 

a- Maintenir

En période de krach, l’entreprise maintient son programme d’actions en faveur des actionnaires (programme relationnel, publicitaire, éditorial…)

 

b- Rassurer

Il est préférable, dans la politique de communication, de beaucoup plus chercher à rassurer les actionnaires. Il faut donc leur faire comprendre qu’un krach est une crise généralisée et que l’équipe dirigeante y prête la plus                                                                 grande attention. Ici, il               ne s’agit plus de séduire mais de rassurer.

 

c- Informer les salariés

Quand le titre de leur entreprise s’effondre, les salariés sont inquiets. Il faut donc régulièrement les informer sur l’évolution de la situation, ainsi que les efforts pour y faire face, par le biais de supports classiques de la communication interne.