Joseph Schumpeter (Autriche) (1883-1950)

Mots clés : innovation, entrepreneur, destruction créatrice, cycles

Points du programme : 1.1. Entreprendre et gérer

Concept : la logique entrepreunariale

L’innovation : de l’économie stationnaire à l’évolution économique

  • Schumpeter met en évidence le rôle déterminant de l’innovation dans l’impulsion du système économique. Il prend comme point de départ une économie stationnaire, nommé circuit économique, et dont les différents éléments structurels se reproduisent à l’identique. La logique de ce circuit économique est celle de l’équilibre général : les mouvements adaptatifs des prix assurent l’adéquation entre les différentes variables économiques, et chaque facteur de production est rémunéré à son prix. Ce circuit économique est caractérisé par la libre concurrence, la propriété privée et la division du travail entre les agents.
  • Schumpeter montre que le facteur déterminant de cette évolution est l’innovation : celle-ci est au cœur non seulement du processus de croissance, mais aussi de transformations structurelles plus importantes.
  • On regroupe en général les innovations en deux catégories : les innovations de produit et les innovations de procédé.
  • L’acteur central de ces dernières est l’entrepreneur. Il incarne le pari de l’innovation, thèse qu’il développa en particulier dans Théorie de l’évolution économique.
  • Pour Schumpeter, le profit est la sanction de l’initiative créatrice des risques pris par l’entrepreneur. Cette conception est contraire aux économistes classiques qui faisaient du profit la contrepartie des efforts productifs (capital et travail) de l’entrepreneur, alors qu’elle est plutôt du ressort du chef d’entreprise. Cette conception est également contraire à celle, marxiste, qui place l’origine du profit dans la confiscation de la plus-value, c’est-à-dire l’appropriation d’une partie du fruit du travail des salariés par le rentier-capitaliste.
  • L’innovation revient le plus souvent à détenir une position favorable dans sa branche.

Schumpeter considère les monopoles nés de l’innovation comme nécessaires à la bonne marche du capitalisme.

Par ailleurs, les innovations engendrent des effets de synergie au niveau de l’économie. Elles ont des externalités positives en terme d’entraînement sur des secteurs économiques et de créations de nouvelles activités. Pourtant, ces situations de monopole ne durent pas. C’est le jeu de la concurrence qui les banalisent en faisant de la bataille pour le surprofit le moteur du progrès économique, mais aussi le facteur explicatif des mouvements cycliques de l’économie.

Des fluctuations économiques au changement social : la destruction créatrice

  • L’innovation est à la fois source de croissance et facteur de crise : « destruction créatrice ».

Rythmes économiques et rythmes technologiques

  • L’observation empirique du système économique montre l’existence, à intervalles réguliers, de cycles économiques où des phases de prospérité alternent avec des phases de dépression.
  • Schumpeter propose une interprétation des rythmes économiques à la lumière des rythmes ou vagues technologiques : les innovations sont à l’origine de cycles économiques :
  • les cycles courts, ou cycles Kitchin, qui durent en moyenne 40 mois et s’expliquent selon lui par des variations de stocks,
  • les cycles moyens, dits cycles Juglar, qui durent, eux entre 6 et 11 ans,
  • les cycles longs, ou cycles Kondratieff qui s’étalent sur 40 à 60 ans. Ils seraient le résultat d’innovations majeures : machine à vapeur, automobiles.

Source : 

Jean-Claude Drouin, Les grands économistes, Presses Universitaires de France, 2006 Joseph Schumpteter : Histoire de l’analyse économique, Paris, Galimard, 1983, Tome 3.

Bibiliographie :

  • Nature et contenu principal de la théorie économique (Das Wesen und der Hauptinhalt der theoretischen Nationalökonomie), 1908
  • Théorie de l’évolution économique (Theorie der wirtschaftlichen Entwicklung) – première édition, 1911 ; deuxième édition, 1926
  • Les cycles des affaires (Business Cycles: a Theoretical, Historical and Statistical Analysis of the Capitalist Process) 1939
  • Capitalisme, socialisme et démocratie (Capitalism, Socialism, and Democracy), 1942
  • Histoire de l’analyse économique (History of Economic Analysis), publié après sa mort en 1954

Peter Drucker (Autrichien – émigre aux Etats-Unis en 1937) (1909-2005)

Mots clés : management, rôle du manager, DPO, stratégie.

Points du programme : 1.1. Entreprendre et gérer

1.2. Finaliser, mobiliser et évaluer

Concepts : – la logique managériale : le rôle du manager

– la finalité de l’entreprise

L’ouvrage fondamental de Peter Drucker, publié en 1954, a pour titre « The Practice of

Management » (en français : « La pratique de la direction des entreprises »). Son éditeur affirmait qu’il s’en serait vendu quelques milliers d’exemplaires de plus s’il s’était appelé « Les principes du management ». Mais l’auteur tenait au mot « Pratique », qui reflétait parfaitement la vision qu’il avait de sa discipline.

Celui qui allait devenir « le pape du management » affirmait que les seuls facteurs qui font progresser une entreprise sont les hommes, leur capacité d’innovation et la façon dont ils organisent leurs relations de travail.

L’invention du management moderne

  • Dès ses premiers travaux, il avait acquis la conviction que le management est « l’institution centrale de la société actuelle ».
  • Les tâches majeures du management sont la fixation d’objectifs, l’établissement d’un travail productif et d’une satisfaction au travail, la gestion des impacts sociaux de l’organisation (Il fut aussi le premier à montrer que les grandes entreprises ont un poids considérable dans les sociétés où elles opèrent, qu’elles pèsent sur toutes les dimensions de la vie, depuis la politique jusqu’à la vie familiale en passant par les transports, la santé ou le rythme des activités quotidiennes dans les villes).
  • Le manager se définit par ses rôles : fixer des objectifs, analyser et organiser le travail, motiver et communiquer, mesurer par des normes et former les gens.
  • La DPO (Direction par objectifs) qui l’a rendu célèbre, est encore appliquée dans la plupart des entreprises.
  • Les structures des organisations doivent évoluer pour répondre à des problèmes nouveaux.(la structure suit la stratégie)
  • Les fonctions de base sont le marketing (« moyens pour connaître le client et comprendre si bien le client que le produit se vend de lui-même ») et l’innovation qui seules produisent des résultats.
  • Le but d’une entreprise est de créer une clientèle et non de maximiser le profit. Le profit est seulement un moyen de contrôle de la rentabilité.

Source :

Alternatives économiques n°258- Marc Mousli – mai

Les grands auteurs en organisation – JC Scheid – Dunod

Bibliographie

La pratique de la direction des entreprises, Les éditions d’organisation, 1957

Témoin du 20e siècle, Village mondial, 2001

A propos du management, Village mondial, 2000

Autre grand classique, non traduit en français : Concept of the Corporation, Transaction Publishers,

New Brunswick et Londres, 2006 (6e édition)

Un site web consacré à P.F. Drucker : http://www.peter-drucker.com/index.html (en anglais)

Alfred Pritchard Sloan (Etats-Unis) – (1875-1966)

Mots clés : décentralisation, coordination

Points du programme :    1.2. Finaliser, mobiliser et évaluer

1.3. Diriger et décider

Il passa quarante cinq ans au service de la General Motors Company dont vingt-trois ans comme directeur général et dix ans comme président du conseil d’administration.

  • Alfred Sloan juge que seule la décentralisation procure initiative, responsabilité, flexibilité, des décisions proches des problèmes et donc une meilleure réponse aux problèmes nouveaux.
  • La coordination est nécessaire car elle est source d’économies et d’efficacité.
  • Elle est assurée par :
    • la vente des idées plutôt que l’application d’ordres : chaque division doit vendre sa proposition, c’est-à-dire qu’elle est rentable
    • la création de comités composée des représentants du siège, des divisions, qui donnent leur avis au président sur toute question importante.
    • la discussion de toutes ces idées et de tous ces avis dans des comités financier et exécutif.
  • Les moyens de coordination : centralisation de l’information, généralisation des budgets, recensement rapide des résultats.
  • L’organigramme doit prévoir des passerelles afin que chaque division soit représentée consultativement dans les autres divisions.
  • La décentralisation doit donc être coordonnée.

Source :

Les grands auteurs en organisation – JC Scheid – Dunod

Bibliographie :

Mes années à la General Motors, Hommes et techniques, 1964 (traduction française)

Robert Kaplan et David Norton (Etats-Unis)

Mots clés : tableau de bord, indicateurs, stratégie

Points du programme : 1.2. Finaliser, mobiliser et évaluer

Concepts : La mesure de la performance

«Les tableaux de bord purement financiers, ne prenant en compte que des données issues de la comptabilité analytique, ne sont plus adaptés à l’entreprise moderne». Fort de ce constat Robert Kaplan et David Norton, deux chercheurs du Nolan Norton Institute développé dans les années 90 le concept de tableau de bord prospectif dans leur ouvrage « The Balance Scorecard, Translating strategy into action ». Leur but est de proposer des instrument de « mesure et de pilotage des entreprises du futur » intégrant des données extracomptables. Il s’agit donc de s’extraire d’une logique de court terme reposant uniquement sur des indicateurs financiers.

Le principe du balance scorecard ou tableau de bord prospectif

Norton et Kaplan ont identifié quatre étapes fondamentales dans le choix et la mise en place du TBP : o La formalisation de la stratégie de l’entreprise

  • La définition des indicateurs (descripteurs globaux et permettant de visualiser les points-clefs de la stratégie),
  • Le calcul des indicateurs, o La mise en place d’une stratégie de management autour du TBP.

La formalisation la stratégie de l’entreprise

La première étape de la mise en place d’un tableau de bord prospectif consiste à formaliser la stratégie de l’entreprise.

Il l importe dans un second temps,  de détailler les moyens de mise en œuvre en  traduisant la stratégie en objectifs opérationnels. Il importe enfin de la faire connaître à l’ensemble des salariés.

La définition des indicateurs – descripteurs globaux et permettant de visualiser les points-clefs de la stratégie.

La méthodologie du tableau de bord prospectif nécessite d’intégrer des indicateurs appartenant à quatre axes clef de l’entreprise :

  • L’axe financier
  • L’axe client
  • L’axe processus industriels
  • L’axe gestion de la connaissance

L’axe financier

C’est l’axe « traditionnel » constituant les tableaux de bord de gestion. Les indicateurs choisis dépendent du cycle de vie du marché ou des produits de l’entreprise.

L’axe client

A l’heure du Consumer Relationship Management (CRM), l’axe client du TBP permet de définir une stratégie à son égard, et de construire des marqueurs mettant en évidence l’évolution sur les segments de marché sur lesquels l’entreprise souhaite se positionner. Des indicateurs de performance sont alors déterminés ; fidélisation, part de marché, satisfaction, conservation, rentabilité. Des indicateurs liés à l’offre pourront également être intégrés dans le TBP .

L’axe processus internes

Aux yeux de Norton et Kaplan cet axe constitue le cœur de la philosophie du TBP par opposition aux tableaux de bord classiques.

Une fois la stratégie posée, et l’offre produit structurée, les processus internes vont être analysés afin d’en retirer des indicateurs pertinents. Ils doivent intégrer l’ensemble des processus, allant de la mise au point de nouveaux produits au service après vente, allant dépassant en cela les indicateurs de productivité classiques.

Selon la stratégie adoptée, les indicateurs peuvent être relatifs à des processus tels que :

  • La mesure des résultats de l’activité de recherche développement,
  • Le développement de nouveaux produits,
  • Les processus de production (incluant les cycles d’approvisionnements, la production, les contrôles qualité, le stockage…), – Le service après vente.

L’axe gestion de la connaissance, ou apprentissage organisationnel

Norton et Kaplan positionnent cet axe comme étant celui qui contient les moyens et facteurs permettant d’améliorer les critères des trois autres axes. Il doit refléter la motivation et la compétence des salariés, mais aussi la qualité des procédures et du système d’information. il est possible d’intégrer des indicateurs d’absentéisme, de turn-over et de satisfaction globale des salariés. Calculer les indicateurs Deux cas sont envisageables :

  • L’indicateur est accessible dans le système d’information de l’entreprise, ou peut être facilement calculé par exemple par les ERP. Il est alors vraisemblablement facilement accessible par une application informatique. L’indicateurs est alors très facilement intégrable dans le TBP, et peut être calculé dynamiquement.
  • L’indicateur n’existe pas dans le système d’information en tant que tel, et sa mise à disposition est complexe (cas, par exemple de calculs de retour sur investissement, de données agrégées issues d’enquêtes auprès des salariés…).

Mise en perspective du TBP dans l’entreprise

Le premier usage possible du TBP est d’être un outil de communication de la stratégie. Chacun peut  visualiser sa contribution à la performance globale.

Dans un second temps, l’évolution des indicateurs peut aussi servir de base d’objectifs aux managers.

 

Source : medcost.fr Bibliographie :

Le tableau de bord prospectif (Editions d’Organisation)

Comment utiliser le tableau de bord prospectif (Editions d’Organisation)

L’alignement stratégique – Créer des synergies par le tableau de bord prospectif (Editions d’Organisation)

Rensis Likert (Etats-Unis) (1903-1981)

Mots clés : systèmes de management

Points du programme : 1.3. Diriger et décider

Concepts : Les styles de direction

Psychologue, il conduit des recherches sur la mesure et le comportement des hommes dans les organisations.

Il établit une nouvelle théorie du management assise sur la nature des interactions entre responsables et subordonnés et

  • Il distingue quatre systèmes de management :.
    • le système 1 ou système autoritaire exploiteur: les dirigeants utilisent surtout la crainte, les menaces et les sanctions; les communications peu nombreuses vont uniquement du haut vers le bas avec de grandes déformations; les chefs et subordonnés sont psychologiquement très éloignés; il n’y a pas du tout d’esprit d’équipe; les décisions sont prises au sommet sans aucune consultation des subordonnés; il y a une grande centralisation,
    • le système 2 ou système autoritaire paternaliste : les managers utilisent récompenses et sanctions ; les subordonnés ont une attitude soumise avec une faible conscience de leurs responsabilités, filtrant les informations montantes à ce que le chef souhaite entendre ; quelques décisions peu importantes sont prises aux niveaux inférieurs ; les autres décisions découragent le travail en équipe ; il y a une organisation informelle partiellement hostile à la poursuite des objectifs de l’organisation officielle,
    • le système 3 ou système consultatif: les managers cherchent à impliquer les subordonnés dans les décisions sans que ceux-ci aient une vraie influence; les communications sont à la fois ascendantes et descendantes et transmises avec fidélité ; il y a des rapports latéraux de coopération ; les employés ont une certaine motivation; le travail d’équipe est encouragé. Les subordonnés sont consultés mais les décisions sont prises par la direction,
    • le système 4 ou système participatif par groupe : le management utilise régulièrement les groupes pour prendre les décisions, pour régler les conflits, pour établir les objectifs ; la communication est réellement dans les deux sens ; la participation de chacun à plusieurs groupes donne sa cohésion à l’organisation ;

 

  • Le système participatif par groupe est de loin le plus efficace : les entreprises qui l’ont adopté, font des bénéfices, ont de faibles prix de revient, bénéficient d’attitudes coopératives et des meilleures relations de travail.
  • LIKERT explique l’efficacité du système participatif par groupe par:
    • les rapports coopératifs entre tous les employés ou principe des relations intégrées,
    • la pratique des prises de décision en groupe et des méthodes de contrôle en groupe : le travail en groupe est toujours supérieur pour R. LIKERT mais cette pratique n’écarte pas la responsabilité des supérieurs,
    • la fixation d’objectifs ambitieux à l’entreprise et à chacun de ses membres : réussir sur le planéconomique est une exigence fondamentale pour chacun et elle ne peut être atteinte que si l’organisation poursuit des objectifs ambitieux.

Source :

Le gouvernement participatif de l’entreprise, Gauthier-Villars, 1974.

Bibliographie                                                                        

Public opinion and the individual with G. Murphy, Harper and Row, 1938.

New patterns of management, MacGrawHill, 1961. Traduction française : Le gouvernement participatif de l’entreprise, Gauthier-Villars, 1974.

The human organization: management and value, MacGrawHill, 1967.

New ways of managing conflict, with Jane Likert, MacGrawHill, 1976.

Herbert Alexander Simon (Etats-Unis) (1919-2001)

(Prix Nobel d’économie en 1978)

Mots clés : décision, rationalité, décisions programmées, non programmées

Points du programme : 1.3. Diriger et décider Concepts : Les décisions et le processus de décision H. Simon bâtit sa théorie de la décision.

 La rationalité des décisions est incomplète dans la réalité.  Les limites à la rationalité humaine sont:

  • les réflexes et les dons de chacun (ses capacités),
  • les valeurs et les buts personnels (ses motivations),
  • la connaissance personnelle de la situation et l’information disponible.

 Pour savoir comment ces limites infléchissent la décision rationnelle, H. A. SIMON décrit en trois étapes le processus de prise de décision :

  • – la première étape est la découverte des occasions appelant une décision: c’est l’activitéd’intelligence ,
  • -la deuxième étape est la construction et l’analyse des événements entraînés par chaque action: c’est l’activité de conception (collecte d’information et recherche de solutions) ,
  • – la troisième étape est la sélection d’une action parmi toutes les actions possibles: c’est l’activité de choix.

 Les limites jouent sur tout le processus :

  • l’imagination supplée la méconnaissance des occasions. solutions, conséquences en attachant desvaleurs à chaque action,
  • l’environnement est trop complexe pour être totalement appréhendé et l’homme le simplifie pourque son esprit soit capable de manier les facteurs retenus,
  • l’optimisation est trop compliquée et l’homme cherche seulement une solution satisfaisante.

L’homme administratif» de H. A. SIMON est donc différent de l’homme économique ou « statistique» : il ne maximise pas, il n’est pas capable d’énumérer toutes les données, il n’a pas une fonction de préférence totale et stable.

  • Il distingue deux classes de décisions : les décisions programmées et les décisions non programmées. Les décisions programmées sont des procédures répétitives et routinières (traitement des commandes            des                 clients,             instructions                d’usinage                     …                    ).

Les décisions non programmées concernent les problèmes, ou non structurés, ou de grande importance (un nouveau produit, un schéma d’exécution qui fonctionne mal, une absorption d’entreprise … ).

  • Durant la décennie 1950-1960, H. A. Simon pense qu’il y a eu une complète révolution dans les techniques de décisions non programmées. Cette révolution est due à l’apparition de nouvelles méthodes : analyse mathématique, construction de modèle, optimisation et simulation. Mais avec la tendance qui existe dans toute organisation, à remplacer les décisions non programmées par les décisions programmées.
  • A. SIMON pense même que certaines techniques heuristiques aideront à comprendre comment l’homme pense, apprend et résout les problèmes ; elles permettront de reproduire sur ordinateur les activités humaines de résolution des problèmes.

Source :

Les grands auteurs en organisation – JC Scheid – Dunod Bibliographie :

Administration  et processus de décision – Economica- 1983 (traduction française)

Les organisations – Dunod – 1964(traduction française)

Le nouveau management : la décision par les ordinateurs – Economica – 1980

Richard M. Cyert (1921) et James G. March (1928) (Etats-Unis)

Mots clés : décentralisation, coordination

Points du programme : 1.3. Diriger et décider

Concepts : Les décisions et le processus de décision; les parties prenantes

Ils développent les idées de Herbert Simon et contribuent à la théorie de la décision .

 Ils considèrent la firme comme « un groupe de participants aux demandes disparates» (employés, directeurs, actionnaires, clients, fournisseurs, administrations … ) bien qu’ayant tous un intérêt au système, soumis à une grande variété de contraintes internes et externes, s’adaptant partiellement et malaisément à l’incertitude de l’environnement. Ils analysent tout processus de décision en trois composantes : les objectifs ou buts, les attentes ou espérances, les choix de l’organisation.

 Les buts de la firme « ne peuvent être décrits en termes de préférence d’une majorité» comme le font la plupart des théories politiques des organisations. Les buts dépendent de tous les hommes de l’organisation et sont définis au cours de la négociation entre les coalitions de l’organisation sur les paiements ou récompenses que ces coalitions veulent recevoir en contrepartie de leur participation. En conséquence, ces buts ne sont pas totalement rationnels ; ils sont modifiés par l’expérience; il sont aussi plus ambitieux s’il existe des ressources excédentaires (organizational slack) dans l’entreprise: en effet, une organisation est stable si les paiements aux groupes sont suffisants pour les maintenir dans l’organisation .

Les variables qui déterminent la fixation des buts réels d’une organisation sont :

  • d’abord les variables concernant la dimension ou l’importance des buts ; ce sont :
  • la composition des coalitions dans l’organisation,
  • la division du travail dans les prises de décision,
  • la définition des problèmes de l’organisation,
  • ensuite les variables concernant le niveau d’aspiration sur un but déterminé sont :
  • le but passé de l’organisation,
  • la performance passée de l’organisation,
  • la performance passée des autres organisations similaires.
  • Les aspirations : des enquêtes dans les entreprises et des expériences avec des groupes, montrentque la collecte et le traitement par un service ou un individu biaisent les informations par suite des différences de perception et des tentatives de manipulation, qui elles-mêmes résultent de leurs attentes. Les personnes modifient leur estimation de la réalité pour que celle-ci corresponde à leurs attentes.
  • Enfin, les choix de l’organisation sont opérés à l’aide de procédures qui influencentconsidérablement la décision. Ces procédures cherchent le plus souvent à éviter l’incertitude (pour éviter de travailler dans un domaine incertain), à garder les règles existantes (pour avoir des références).

 Cyert et March ramènent leur théorie du comportement  à quatre concepts fondamentaux :

  • la quasi-résolution de conflits :
    • une organisation étant une coalition de membres avec des buts différents, chaque unité résous ses problèmes pour elle-même
    • une unité traite les problèmes de façon séquentielle sans chercher à les fusionner dans une solution globale
  • l’élimination de l’incertitude : une firme cherche à éliminer les incertitudes quand elles surviennent,sans anticiper (la détermination des quantités à produire se fait par un ajustement jour par jour ou semaine par semaine à partir de relevés d’inventaires, de ventes, ou d’opinions de vendeurs.

La firme cherche aussi à éliminer les incertitudes en négociant l’environnement (par exemple : par des contrats avec des clauses contre les imprévus) ; elle essaie surtout de le rendre contrôlable et pour cela, recourt à une multitude de pratiques parfois illégales (ententes sur les prix, les marges … ).

  • la recherche de la problématique: c’est la recherche suscitée par un problème pour en trouver lasolution. La recherche est en général limitée au voisinage du symptôme causant le problème.
  • l’apprentissage: les organisations changent leur comportement avec le temps et adoptent denouveaux buts et de nouvelles règles d’attention et de recherche

La théorie du comportement de la firme donne une description plus proche de la réalité, du management réel. Cependant, ils reconnaissent que la théorie du comportement « ne donne pas de solution évidente au problème du traitement normatif d’une organisation » : très forte sur le plan du diagnostic, elle a des faiblesses sur le plan thérapeutique.

Source :

Processus de décision dans l’entreprise  – Dunod – 1970

Bibliographie :

Processus de décision dans l’entreprise  – Dunod – 1970

Michel Crozier (France) (1922)

Mots clés : zones d’incertitudes, buts individuel, pouvoir

Points du programme : 1.3. Diriger et décider

Concepts : Les parties prenantes ; les décisions

A partir de 1950, il a conduit des enquêtes sur l’organisation et le comportement des travailleurs principalement dans des administrations et entreprises publiques.

  • Pour M. CROZIER, la bureaucratie est. entendue dans le sens péjoratif et populaire du terme : « complications inutiles, standardisations contraignantes, étouffement de la personnalité ».
  • Il s’agit donc d’expliquer les dysfonctions qui se développent au sein de grandes organisations comme d’autres auteurs l’avaient fait depuis M. WEBER (notamment R. K. MERTON (1940) et
  1. W. GOULDNER (1954). Les explications viendront de l’étude de cas réels principalement d’une agence parisienne du ministère des Finances et d’un monopole industriel d’Etat.
  • De ces deux exemples, M. CROZIER conclut ainsi: « la rigidité avec laquelle sont définis le contenu des tâches, les rapports entre les tâches et le réseau des relations humaines nécessaires à

leur accomplissement, rend difficiles les communications des groupes entre eux et avec l’environnement.        Les difficultés qui en résultent, au lieu d’imposer une refonte du modèle, sont utilisées par des individus et les groupes pour améliorer leur position dans la lutte pour le pouvoir au sein de l’organisation.

  • Il donne alors une nouvelle définition de la bureaucratie : « un système d’organisation incapable de se corriger en fonction de ses erreurs et dont les dysfonctions sont devenues un des éléments essentiels de l’équilibre ».
  • Dans le cas de la France, M. CROZIER pense que le phénomène bureaucratique est lié au milieu culturel.
  • CROZIER constate que le seul moyen d’ajustement des bureaucraties est la crise, tout aumoins en France. Cependant, il note que des transformations en dehors de crises seraient possibles si le modèle culturel changeait.
  1. CROZIER et les chercheurs du Centre de Sociologie des organisations ont par la suite, mené d’autres études qui ont notamment intéressé le fonctionnement des entreprises privées. Les résultats de ces recherches lui ont permis de développer un schéma d’analyse des organisations qui est devenu célèbre aussi bien à l’étranger qu’en France.
  • Une organisation comme tout système social, n’est jamais entièrement réglée et contrôlée ; il y a donc des zones d’incertitude et des possibilités de poursuivre des buts individuels différents des buts de l’organisation.
  • Les zones d’incertitude permettent aux employés de l’organisation qui les contrôlent, d’avoir du pouvoir et donc de les utiliser pour appliquer leurs stratégies personnelles visant à satisfaire leur propres objectifs.
  • L’organisation est un jeu de coopérations.

Source :

L’acteur et le système : les contraintes de l’action collective – Seuil – 1977  Les grands auteurs en organisation – JC Scheid – Dunod

Bibliographie :

L’acteur et le système : les contraintes de l’action collective – Seuil – 1977

Le phénomène bureaucratique – Seuil – 1973

Le mal américain – Fayard – 1980

Henri Mintzberg (Canada ) (1939 – Montréal)

Mots clés : variables organisationnelles, structure, coordination, répartition du pouvoir, configuration des organisations

Points du programme : 2.1. Définir une démarche stratégique

3.1. Choisir une structure

Concepts : La notion de stratégie

Les principales configurations structurelles

Henry Mintzberg est une figure de référence internationale dans le domaine de la sociologie des organisations. Les modèles qu’il a élaborés permettent de mieux comprendre le fonctionnement d’une organisation.

Le canadien Henri Mintzberg est apparu depuis les années 70 et 80 comme le théoricien de référence dans le domaine de l’analyse des organisations. Le paradigme systémique a bouleversé l’approche classique d’un l’objet d’étude. En effet, le systémisme, pour décrire le fonctionnement d’un système, privilégie l’analyse globale des échanges entre ses parties à l’analyse de chacune d’entre-elles. L’apport majeur de Mintzberg est d’avoir élaboré une typologie permettant de catégoriser les diverses composantes internes d’une organisation.

1. Les variables organisationnelles

Mintzberg distingue en effet trois composantes essentielles des organisations, étroitement coordonnées entre elles :   la coordination des opérateurs et la division du travail ;   les buts organisationnels ;   la distribution du pouvoir.

1.1. Division et coordination du travail

Selon Mintzberg, toute organisation définit sa structure par les moyens utilisés pour la division et la coordination du travail et des tâches.

1.1.1.Division des tâches

Mintzberg répartit la division du travail en deux dimensions : la dimension horizontale et la dimension verticale

La dimension horizontale On parlera de division horizontale forte lorsque les opérateurs effectuent un nombre limité de tâches répétitives, ou de division horizontale faible s‘ils réalisent beaucoup de tâches très diversifiées.

  La dimension verticale

La division verticale sera forte si il existe une séparation claire entre la conception des tâches à réaliser et leur exécution ; faible si les opérateurs qui réalisent le travail sont aussi ceux qui le conçoivent.

1.1.2. Coordination des tâches

Parallèlement, il est nécessaire de concevoir des mécanismes de coordination assurant l’articulation entre ces différentes tâches et personnes.

L’ajustement mutuel : la coordination se réalise au travers d’une communication informelle entre les travailleurs.

La supervision directe : une personne donne des instructions à plusieurs autres qui travaillent en inter-relations.

La standardisation des procédés : chaque poste de travail est défini en précisant les tâches que l’opérateur doit effectuer. Généralement ce sont les analystes de la technostructure qui conçoivent les postes de travail.

La standardisation des résultats : des standards sont définis par rapport aux caractéristiques et au volume de la production attendue des opérateurs.

La standardisation des qualifications : la coordination se fait par le biais de la formation spécifique de celui qui exécute le travail.

La standardisation des normes : ce sont des normes, des valeurs établies pour l’organisation dans sa globalité, qui dictent le travail et auxquelles les membres adhérent. Ce mode de coordination apparaît notamment dans certains ordres religieux.

1.2. Les buts

Il distingue :

Les buts de mission qui ont trait aux produits, aux services ou encore aux clients de l’organisation. Exemple : Un groupe d’alphabétisation veut améliorer les apprentissage de la lecture et de l’écriture au premier niveau.

Les buts de système qui se rapportent aux caractéristiques de l’organisation ou de ses membres, indépendamment des biens ou services qu’elle produit. Exemple : Un Conseil d’Administration décide de fusionner deux associations, pour atteindre les normes.

1.3.La distribution du pouvoir

Mintzberg relève les acteurs fondamentaux suivants entre lesquels se répartit le pouvoir dans les organisations.

Le centre opérationnel constitué par les travailleurs, qui réalisent l’activité de production des biens ou services proposés par l’organisation.

Le sommet stratégique, composé par la direction et ses adjoints directs. C’est là que se prennent généralement les décisions stratégiques pour l’organisation.

La ligne hiérarchique intégrant les cadres intermédiaires. Elle représente une hiérarchie d’autorité entre le centre opérationnel et le sommet stratégique.

Les analystes de la technostructure représentant ceux qui sont chargés de la standardisation du travail : recrutement, formation du personnel, règlements, programmes de travail…

Le personnel de soutien logistique, ceux qui aident les opérateurs : nettoyage, restauration, service juridique.

Les propriétaires de l’organisation,   Les associations d’employés : syndicat

2. Les configurations organisationnelles

L’articulation entre toutes ces modalités permet de construire une typologie des configurations des organisations, qui sera particulièrement utile dans une étude de changement organisationnel.

La configuration entrepreneuriale

Il s’agit d’une organisation dirigée par une seule personne qui centralise les prises de décisions stratégiques.

Au niveau de la structure, la division horizontale est généralement faible puisque les opérateurs effectuent des tâches variées. La division verticale, quant à elle, est plutôt forte car l’entreprise fonctionne par supervision directe de la hiérarchie sur des travailleurs peu qualifiés.

Ce type d’organisation se développe quand le marché est plutôt instable ce qui explique le modèle de supervision directe, le plus apte à réagir rapidement en fonction des fluctuations du marché, qui peuvent donc représenter une menace pour l’organisation.

La configuration missionnaire

Les buts prédominants dans ce type d’organisations sont les buts de mission c’est-à-dire les buts qui ont trait aux clients-mêmes de l’organisation. Les buts de système ne sont donc réalisés que pour pouvoir assurer les buts de mission.

La coordination des opérateurs fonctionne par standardisation des normes.

Les travailleurs opèrent également par ajustement mutuel.

Sur le plan vertical, la division est faible puisque chacun dispose d’une certaine liberté pour concevoir et réaliser ses tâches tandis que la division horizontale est également faible car les tâches réalisées sont le plus souvent variées.

Le marché au sein duquel évolue ce type d’organisation est stable et peu hostile car la standardisation des normes ne permettrait pas de travailler dans un environnement instable. Le pouvoir reste relativement centralisé.

La configuration bureaucratique

L’entreprise de type bureaucratique se caractérise par une division horizontale et verticale forte. Les opérateurs, peu qualifiés, effectuent un nombre restreint de tâches et ne participent pas à la conception du travail. La coordination s’effectue par standardisation des procédés ou des résultats.

Pour ce genre d’organisation, le marché se doit d’être stable et prévisible, et l’organisation est régie par des buts de système.

Le pouvoir est fortement centralisé au niveau du sommet stratégique.

La configuration professionnelle

Dans ce type d’organisation, les travailleurs possèdent un haut niveau de qualification et utilisent donc leurs savoirs acquis au cours de leur formation pour accomplir leur travail. Sur le plan de la structure, la division du travail au niveau horizontal est forte.

Sur le plan vertical, la division est faible : ayant une qualification poussée les membres conçoivent euxmêmes leur travail et effectuent leurs tâches en toute autonomie. La coordination fonctionne par standardisation des qualifications.

Le marché se doit d’être relativement stable étant donné le mécanisme de coordination, tout en étant complexe au vu des savoirs élaborés demandés aux professionnels. Il en résulte un pouvoir décentralisé.

La configuration adhocratique

Les travailleurs travaillent en groupes de projet pour répondre aux besoins spécifiques des clients.

Ce genre d’organisation fonctionne par ajustement mutuel.

La division du travail est faible tant au niveau vertical (les projets exigent une autonomie des opérateurs) qu’horizontal (importance d’une polyvalence puisque les tâches varient selon les projets). Le marché de ce genre d’organisation est complexe pour répondre aux demandes des clients qui nécessitent des savoir-faire élevés, et instable puisque les demandes de la clientèle sont très variables.

Le pouvoir se localise dans les équipes de projets, entraînant une certaine décentralisation.

Mais la direction doit cependant assurer la coordination et détient les prises de décision stratégiques.

Source :

Le management : voyage au centre des organisations (Editions d’Organisation) – 1991 Structure et dynamique des organisations (Editions d’Organisation) – 1983 Bibliographie :

Le manager au quotidien (Editions d’Organisation) – 1979

Structure et dynamique des organisations (Editions d’Organisation) – 1983

Pouvoir et gouvernement d’entreprise (Editions d’Organisation) –  1983

Le management : voyage au centre des organisations (Editions d’Organisation) – 1991

Michael porter (Etats-Unis) (1947)

Mots clés : cinq forces de Porter, chaîne de valeur, stratégie

Points du programme : 2.2. Etablir un diagnostic stratégique

Concepts : L’analyse de l’environnement, la connaissance du marché

  1. Porter a formalisé une approche nouvelle de la concurrence, ne la limitant pas à un affrontement sur les prix et les produits entre les firmes. L’entreprise ne peut pas se contenter de réagir aux àcoups conjoncturels comme une variation des prix des matières premières…Elle doit se doter d’une stratégie à long terme en considérant les cinq composantes qui déterminent l’intensité de la concurrence : ce sont les cinq forces de Porter
  2. Les cinq forces de Porter

           Le pouvoir de négociation des clients

La principale influence des clients sur un marché se manifeste à travers leur capacité à négocier. Leur influence sur le prix et les conditions de vente (termes de paiement, services associés) détermine la rentabilité du marché.

Le pouvoir des clients est fort lorsque:

  • ils sont concentrés
  • les fournisseurs sont nombreux et dispersés
  • il existe des sources d’approvisionnement de substitution
  • le coût de transfert est faible et prévisible (lorsque le client change de fournisseur)
  • il existe une menace d’intégration vers l’amont de la part des clients

     Le pouvoir de négociation des fournisseurs

Un faible nombre de fournisseurs, une marque forte, des produits très différenciés sont autant de facteurs qui accroissent le coût de changement des fournisseurs et donc le pouvoir de ceux-ci.

       La menace des produits de substitution

Les produits de substitution ne font pas partie du marché, mais représentent une alternative à l’offre. Il peut s’agir de produits différents répondant à un même besoin (ex : téléchargement MP3 / Disque compacts), soit de produits influant sur la demande (véhicules électriques / carburants fossiles).     L’intensité de la concurrence intra sectorielle

Il existe entre les firmes des rapports de forces plus ou moins intenses, en fonction du caractère stratégique du secteur, de l’attrait du marché, de ses perspectives de développement, de l’existence de « barrières à l’entrée et à la sortie », du nombre, de la taille et de la diversité des compétiteurs, de l’importance des frais fixes, de la possibilité de réaliser des économies d’échelle…

      La menace d’entrants potentiels

La venue de nouveaux concurrents est influencée par les barrières à l’entrée, les investissements initiaux nécessaires, les brevets déjà en places, les normes, les mesures protectionnistes, l’image de l’industrie et des entreprises déjà établies, les barrières culturelles, les standards techniques, etc. Tous ces moyens rendent l’entrée plus difficile pour une nouvelle firme.

Utilisation concrète du modèle des cinq forces en entreprise

L’objectif de ce modèle est d’identifier les facteurs clés de succès de l’environnement, c’est-à-dire les éléments stratégiques qu’il convient de maîtriser afin d’obtenir un avantage concurrentiel.

  1. La chaîne de la valeur permet d’analyser les différentes activités d’une entreprise, de voir comment chaque activité contribue à l’obtention d’un avantage compétitif et également d’évaluer les coûts qu’occasionnent les différentes activités.

Neuf pôles peuvent être identifiés : cinq activités de base et quatre activités de soutien. Les activités de soutien peuvent affecter une ou plusieurs activités de base :

Les activités de base

  • Logistique d’approvisionnement (réception, stock et distribution des matières premières). o Fabrication (transforme la matière première en produits finis). o Logistique de commercialisation (collecte, stock et distribue le produit fini au client).
  • Le marketing et la vente (permettent au consommateur de connaître et d’acheter le produit fini).
  • Les services (regroupent tout ce qui permet d’augmenter et de maintenir la valeur du produit (installation, réparation…).

Les activités de soutien

  • Infrastructure de l’entreprise (regroupe tous les services nécessaires à une entreprise (administration, finances, contrôle de la qualité, planification…)). o Gestion des ressources humaines (se retrouve dans toutes les activités de base). o Recherche et le développement (utiles pour toutes les activités)
  • Les achats (permettent aux activités de base d’acquérir les diverses ressources dont elles ont besoin).

Les liens existants entre toutes ces activités sont importants et permettent des synergies.

  1. Les stratégies génériques de Michael Porter constituent différentes façons dont une entreprise peut détenir un avantage compétitif sur son marché. D’après Porter, une entreprise, pour construire son avantage compétitif, peut opter pour l’une des 3 stratégies suivantes.

      Domination par les coûts

La stratégie de domination par les coûts revient à maîtriser de bout en bout le process de production de son produit, optimiser les relations avec ses fournisseurs et sa chaine logisitique, afin de réduire au maximum le prix de revient du produit pour pouvoir le vendre au prix le plus bas du marché, tout en conservant une marge suffisante sur la vente de celui-ci.

      Différenciation

Il s’agit ici de présenter aux clients des produits et services ayant des caractéristiques différentes de l’offre de la concurrence. Cela doit permettre de vendre le produit à un prix significativement plus élevé.

      Concentration (ou focalisation)

Cette stratégie consiste à centrer l’essentiel de ses efforts sur un segment de marché. Cela conduit à choisir également dans ce créneau une stratégie de domination par les coûts ou de différenciation, pour s’assurer un leadership de prix et/ou de quantités sur ce segment.

Source :

Bibliographie :

Choix stratégiques et concurrence, Economica, 1982

Le modèle LCAG

Mots clés : environnement, menaces, opportunités, forces et faiblesses, compétence distinctive

Points du programme : 2.2. Etablir un diagnostic stratégique

Concepts : L’analyse de l’environnement, la connaissance du marché, les ressources stratégiques disponibles

Ecole de Harvard – Modèle issu des noms des auteurs :  Learned E. P., Christensen C. R., Andrews K. R. et Guth W. D.

Ce modèle, connu sous le sigle LCAG du nom de ses auteurs, représente toujours un point de référence important car il constituait le premier modèle d’aide à la formulation stratégique.

Il est basé sur deux concepts clés qui sont l’idée de « compétence distinctive », développée par Selznick en 1957, et le concept de « stratégie de secteur d’activité », développé par Chandler en 1972 dans un ouvrage de référence, Stratégies et structures de l’entreprise.

Le modèle LCAG offre un raisonnement logique en cinq phases :

  1. Évaluation externe
    • identification des menaces et des opportunités dans l’environnement
    • identification des facteurs clés de succès.
  2. Évaluation interne
  • identification des forces et faiblesses de l’entreprise par rapport à la concurrence et par rapport au temps ;
  • identification des compétences distinctives par rapport à la concurrence.
  1. Création et évaluation de toutes les possibilités d’action (= stratégies).
  2. Éclaircissement des valeurs de l’environnement (responsabilité sociale de l’entreprise) et des valeurs managériales (dirigeants).
  3. Choix des manoeuvres stratégiques en fonction des ressources et mise en oeuvre des stratégies.

L’analyse externe conduit à l’identification des opportunités et des menaces.

L’analyse interne permet de réaliser un diagnostic de l’entreprise qui fait état de ses principales forces et faiblesses. Ce diagnostic permet l’identification d’une compétence distinctive qui peut se résumer par la maxime suivante : « Être bon n’a pas de sens si les concurrents sont meilleurs ».

Bibliographie :

“BusinessPolicy, text and cases”, Richard DE Irwin, 1965.Learned E. P., Christensen C. R., Andrews K. R. et Guth W. D.,

Gary Hamel et C.K. Prahalad

Mots clés : compétence clé

Points du programme : 2.2. Établir un diagnostic stratégique

Concepts : Les resources stratégiques disponibles

  • Les entreprises doivent être plus évolutives (s’adapter à un environnement en mouvement) , adapter leurs compétences, et “engager la course pour le futur” selon l’expression d’Hamel et Prahalad.
  • Le concept de compétence fondamentale ou compétence-clé (core competence)introduit par Prahalad et Hamel (1990) participe d’un renouvellement de la conception de la stratégie et de l’organisation.
  • Les compétences clé constituent les résultats des apprentissages collectifs portant notamment sur la coordination et l’intégration des différentes méthodes de production mais aussi sur l’ensemble des activités liées à la création de la valeur et l’organisation du travail.
  • Définir l’entreprise comme un portefeuille de compétences (Hamel, Prahalad, 1999) ou de savoirs sert surtout à repenser la stratégie dans un contexte d’incertitude .
  • Pour cela, l’une des tâches essentielles du management est d’identifier, d’exploiter et de protéger les actifs rares (core competencies).

Bibliographie:

“The core competence of the corporation”, Harvard Business Review, 1990